Azérables

Historique

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AZÉRABLES

Charnière des départements de la Creuse, de l'Indre et de la Haute-Vienne, le bourg d'Azérables (étymologie latine de l'érable : acerabulus) est assis dans la riante vallée où l'Anglin prend sa source et s'étire le long de la Départementale 15.
Admirablement situé au cœur d'un paysage attachant par sa verdure, coupé de haies épaisses et mouillé d'eaux vives, le bourg d'Azérables pourrait avoir été formé dès le 11e siècle , les habitants s'étant sédentarisés dans puis autour d'une motte castrale communément appelée "la motte de Drables".
L'abbaye Saint-Martial de Limoges y avait installé un prieur, attesté vers 1216, et la fondation de l'église est probablement antérieure au XIIe siècle (première mention connue en 1201) . Avant la révolution, Azérables relevait de la Province du Poitou, de la Généralité de Bourges et de la Sénéchaussée de Montmorillon. Rattachée au département de la Creuse en 1790, la commune est aujourd'hui la porte d'entrée nord du Limousin.
L'orthographie de son nom a évolué en fonction des époques. Azerable (vers 1201), azerableis (1247), Azarable (1408), Azerablia (1505), Arables (1503), Drables (1547), Derables ou Ladérable (1547) ainsi qu'il apparaît dans les documents du cartulaire de l'abbaye d'Aubignac.
De ces différentes graphies ressort le nom de Drables qui perdure dans le parler local communément avec son nom usuel et officiel.

Bien souvent méconnu des cartes touristiques, Azérables possède pourtant de nombreux vestiges du passé qui imposent toujours le respect.

Témoins d'une foi séculaire, l'église d'Azérables et la chapelle du monastère s'élancent, majestueuses, au cœur de la vallée et offrent aux amoureux des vieilles pierres leurs richesses.

L'église

Eglise

Eglise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'église est placée sous le vocable de Saint Georges et dépendait, jusqu'à la révolution, du diocèse de Bourges et de l'archiprêtre d'Argenton. Elle fait partie du diocèse de Limoges depuis 1801.
Au Moyen Age, les pélerins en route pour St Jacques de Compostelle y faisaient halte.
La nef, soutenue au dehors par quatre contreforts et partagée en dedans en trois travées, a reçu au XIIIme siècle des voûtes d'ogives avec un agencement exceptionnel. L'abside, surélevée, épaulée par huit contreforts-colonnes avec chapiteaux, possède des baies en plein cintre.
Un portail du XIIIe siècle, à tracé brisé avec tores et colonnettes, ouvre sous le clocher (XVIe) qui possède deux étages surmontés d'une flèche en charpente recouverte de bardeaux. L'église fut classée Monument Historique, et ainsi son intérieur a été restauré en 1954 par les Beaux Arts qui l'ont dégagé de son badigeon blanchâtre du XIXe siècle et ont mis en valeur ses magnifiques pierres de granit ouvragées.
Sa toiture, s'appuyant sur une imposante et remarquable charpente en bateau renversé, a été entièrement rénovée, en 1992, sous le contrôle des mêmes Beaux Arts, et couverte en tuiles qui ne tarderont pas à prendre la patine du temps.
L'ensemble constitue une petite merveille d'architecture du Moyen Age dont le patrimoine local ne peut que s'enorgueillir et qui laissera aux visiteurs le souvenir attachant d'un lieu où nature et art ont conclu une alliance heureuse.

La Chapelle

Chapelle

Chapelle
 

La chapelle du monastère du Verbe Incarné est moderne ; elle a été consacrée le 20 juin 1889 (c'est à Azérables que l'abbé Etienne Denis restaura en 1817 l'Ordre des religieuses du Verbe Incarné fondé à Lyon en 1625 par la Vénérable Mère Jeanne CHEZARD de MATEL).
Elle est l'oeuvre de Léon Vallet, entrepreneur et architecte de la région, secondé par le sculpteur E. Latzarus et le décorateur Deroy.
Vers 1950, les soeurs du Verbe Incarné ont été remplacées par des soeurs Bénédictines et depuis 1960 par les Filles de Notre-Dame d'Issoudun. Elles ont transformé les bâtiments en maison de retraite en 1963.
La façade porte une rosace à huit lobes. Les travées sont de pur style roman. La façade extérieure du côté nord est décorée de 4 statues représentant la Vierge, les archanges Michel et Gabriel, Saint Joseph et en haut du pignon le Sacré Coeur.

Une plaque commémorative a été apposée le 11 novembre 2006 pour le cent cinquantenaire de la mort de l'abbé Denis en hommage à un homme au charisme d'exception qui s'est attaché au cours de sa féconde existence à favoriser l'instruction de ses paroissiens et à apporter secours aux pauvres.

Etienne Denis
Confesseur de la Foi -Fondateur du monastère d'Azérables.
Restaurateur de l'Ordre du Verbe Incarné.

Etienne Denis

Etienne Denis
 

Né le 26 juillet 1761 à Mondion (Azérables) d'une famille paysanne.
Décédé le 13 novembre 1856 à Azérables. Ordonné prêtre le 20 décembre 1788.
Vicaire puis Curé d'Azérables, Chanoine de la Cathédrale de Limoges.

Il refuse de prêter le serment schismatique de la Constitution civile du clergé. Chassé de son poste en 1792 et forcé de quitter la France, il se rend en Italie : Turin, Bologne, Ferrare et Ravenne où il est placé dans une communauté de Franciscains.
Arrêté à Gouzon en 1795 en tentant un retour prématuré, il est condamné à un nouvel exil en Italie. Il rentre en France avec le Concordat (1801). Nommé curé de sa paroisse natale, il rouvre l'église au culte le 19 avril 1802 et y introduit la dévotion du Chemin de Croix ainsi qu'en Limousin.
Appuyé par son évêque, Mgr du Bourg, le Père Denis fonde dès 1807 une première communauté sous le nom de Filles du Verbe Incarné que rejoint en 1816 Soeur Marie de l'Esprit Saint, Chinard, ancienne religieuse de l'Ordre du Verbe Incarné, Ordre fondé à Lyon en 1635 et détruit dans la tourmente révolutionnaire.
L'Ordre du Verbe Incarné est restauré le 16 février 1817 à Azérables.
La communauté devient florissante sous l'esprit authentique du Verbe Incarné réaffirmé, se consacrant à l'éducation, au soulagement des malades et au service des pauvres.
Sous l'impulsion du Père Denis, la Maison mère d'Azérables donne vie à de nombreuses communautés : Saint-Benoît (1821), Evaux-les-Bains (1827), Lyon (1833), Saint-Junien (1834), Saint-Yriex (1836). Lyon fonde son tour Belmont (1840). De la ruche lyonnaise de nombreuses religieuses partent, dès 1854, poursuivre leur mission éducative tant aux Etats-Unis qu'au Mexique.
L'oeuvre prospère ensuite avec les fondations du Grand-Bourg (1853), de Châtelus-Malvaleix (1853), puis d'une communauté au siège épiscopal de Limoges (1872) et d'une autre à Sancerre (1874).
Il est nommé, en 1832, Chanoine de la Cathédrale de Limoges en hommage à son travail pastoral.
Il quitte Limoges en 1849 pour rejoindre sa chère maison, berceau de sa Congrégation, où ses soeurs vont environner sa vieillesse de leurs soins affectueux.
Il y décède le 13 novembre 1856, à l'âge de 96 ans.
Ses obsèques sont célébrées le 15 novembre 1856, en présence d'un nombreux clergé et d'une très grande assistance.
Le père Denis repose dans le parc du monastère. Sa tombe, surmontée d'un petit oratoire, jouxte le cimetière des religieuses : Il est enterré debout comme il l'avait demandé : "prêt à continuer à travailler pour le Royaume".
L'Ordre du verbe Incarné est, 150 ans après la mort de son Restaurateur, présent et actif dans 9 pays existants sur 3 continents .

Commémoration du 10 novembre 2006 par Mgr DUFOUR Evêque de Limoges.

Le Monastère d'Azérables :

Couvent

Couvent
 

A partir de la restauration de l'Ordre du Verbe incarné en 1817, les religieuses d'Azérables adoptent peu peu le mode de vie cloîtrée tout en se consacrant au ministère de l'enseignement. L'instruction va être largement donnée dans la paroisse. Elles accueillent des enfants de toutes conditions et disposent dans les années 1880 d'un pensionnat et d'une école de filles.
Elles se consacrent aussi au soulagement des malades et tiennent une pharmacie. Leur mission éducative se poursuit jusqu'à ce que la loi de 1901 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat provoque la fermeture de la majorité des maisons de l'Ordre, à l'exception de celles d'Azérables et d'Evaux-les-bains qui ont déclaré leurs religieuses infirmières.
La suppression de l'école, du pensionnat et de la pharmacie enlèvent les maigres ressources que la communauté tirait de ses trois oeuvres de dévouement. La transformation de leurs locaux pour accueillir des retraitantes à partir de 1913 n'inverse pas le déclin. La communauté s'éteint, peu à peu, au fil des années. En 1950 la maison d'Azérables ne compte plus que cinq soeurs. Elles sont remplacées par une communauté de Bénédictines, puis, en 1960, par des Religieuses du Sacré Coeur d'Issoudun, dernières occupantes.
Les bâtiments conventuels sont transformés depuis 1963 en maison de retraite, établissement aujourd'hui tout public, géré sous contrat associatif.

2008 : De nouveaux locaux ont été construits récemment, les anciens étant hors norme. Toutes les soeurs sont parties. Seule reste l'association qui gère l'actuelle maison de retraite.

La mémoire du temps

Au hasard de ses flâneries le visiteur découvrira, à quelques pas de l'église, la maison où sont nés les frères Forgemol de Bostquenard et la plaque commémorative inaugurée en 1997 à la mémoire de :

 • Jean-Hector Forgemol de Bostquenard (1819-1883), chirurgien militaire, médecin des pauvres, sériculteur;

 • Léonard-Lopold Forgemol de Bostquenard (1821-1897), général de division en 1871, commandant en chef du Corps expéditionnaire de Kroumirie et du Corps d'occupation de Tunisie en 1881.

Le visiteur ne pas manquera pas de voir deux magnifiques tumuli, l'un dans le parc des religieuses dite "la motte de Drables", l'autre au village du Theil.

Mémorial des Frères Forgemol

Mémorial des Frères Forgemol
 

Des ruines de l'ancien château seigneurial de Montjuan il ne reste que la chapelle du XVe siècle, inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques.

Chapelle Montjouan

Chapelle Montjouan
 

Elle possède deux travées voûtées d'ogives, une porte en accolade en pierre calcaire, ornée au tympan d'un écusson chargé d'une rose à six feuilles, armes de la famille de Montjehan.

Chapelle Montjouan

Chapelle Montjouan
 

De cette seigneurie dépendait au XVII è siècle le manoir des Genêts, logis rectangulaire (XVIe), à un étage, flanqué d'une tourelle d'escalier, et qui a été transformé en exploitation agricole depuis le siècle dernier. Cette demeure noble a été le berceau de l'illustre famille Chardeboeuf de Pradel qui donna deux maréchaux de camp avant la Révolution Française.

Points culminants : le "Peu de la justice"(382m) d'où l'on découvre dans une atmosphère bleuâtre le pic des Trois Cornes ; le village du Bois Bimbet (390 m) offre un remarquable panorama sur les crêtes creusoise et la plaine berrichonne.

Mur des Brosses

Observatoire
 

Le visiteur pourra apprécier également, dans un décor sauvage, le "Mur des Brosses", espèce de verrue géologique de faible étendue qui présente un amas chaotique de rochers dominant, dans un délicieux paysage, l'étang de la Chaume qui offre de multiples activités de loisirs et de détente sur 46 hectares et qui est doté d'un observatoire ornithologique, sur sa rive nord, ouvert toute l'année à tout public.

Plus d'informations

L'étang de la chaume

De formation ancienne, il trouve son origine au Moyen-âge et semble se confondre avec celle des seigneurs de Montjouan qui possédaient l'ancien château féodal de la Chaume.
Il figure déjà en 1527 dans un aveu de Jehan de Montjehan . L'étang de la Chaume est compris en 1675 dans les dénombrements des seigneurs de la Chaume.
Il constitue une ligne de séparation entre les vicomtés de Bridiers et de Brosses : "la moitié du grand estang de la seigneurie de la Chaume ainsi que le départ des eaux" dépendent de Bridiers tandis que "l'autre moitié de l'estang de la Chaume ainsi que les moulins qui se trouvent à amont" sont de Brosses. Il servait également de limite au diocèse de Bourges et de Limoges.
Les forges de Mondon ont utilisé les forces hydrauliques des ruisseaux de la Chaume et de la Benaize jusqu'au 19ème siècle.

Cet étang, acquis par la municipalité, présente une particularité importante et rarissime : il repose entièrement sur du sable avec une qualité nutritive exceptionnelle pour le poisson.
Il est devenu un lieu de pêche d'excellence.

Etang des Chaumes

Pêche
 

 

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